Certaines personnes nous déstabilisent sans jamais élever la voix.

Elles disent “oui” tout en pensant “non”, laissent traîner les choses, ou lancent une remarque à double fond…

Et pourtant, ce n’est pas de la manipulation. Ni de la méchanceté.

En thérapie comme en entreprise, on croise régulièrement des personnes au fonctionnement passif-agressif.

Et si on apprenait à lire ce langage autrement ? Non pour l’excuser, mais pour en comprendre les racines relationnelles, et peut-être ouvrir un espace de changement.

Ces observations prennent tout leur sens lorsqu’on les met en lien avec les outils de l’Analyse Transactionnelle.

Illustration d’une femme s’exprimant de manière indirecte — article sur la passivité-agressivité et l’Analyse Transactionnelle
Parfois, ce qui se dit… ne se dit pas.

1Elles ressentent finement ce qui se joue autour d’elles

Les personnes passives-agressives sont souvent très sensibles à l’ambiance d’un groupe.

Elles perçoivent les non-dits, les tensions, les incohérences… et y réagissent de manière détournée. Cela peut prendre la forme d’un silence, d’un oubli, d’un humour un peu piquant.

En Analyse Transactionnelle, ce type de réponse peut s’interpréter comme une stratégie de l’Enfant Adapté : une manière de rester en lien, sans se mettre en danger.

2Leur “non” flou est une tentative de poser une limite

Dire “non” clairement suppose de se sentir légitime, sécurisé, écouté.

Quand ce n’est pas possible, le “non” devient flou, implicite, déguisé.

C’est un compromis entre le besoin de dire stop… et la peur du conflit.

Le travail thérapeutique consiste alors à reconstruire un cadre où le désaccord peut être exprimé en sécurité. Cela permet de sortir du flou et de remettre du choix dans la relation.

3Elles incarnent parfois les tensions invisibles du groupe

Dans une équipe, dans une famille, la personne passivement agressive peut sembler “à côté”, “contre”, ou “immobile”…

Mais en réalité, elle absorbe une partie du malaise ambiant.

Cela ne la rend pas responsable des tensions, mais porteuse d’un signal précieux sur ce qui circule — ou non — dans le système relationnel.

4Elles nous invitent à clarifier notre propre posture

Il est tentant de se plaindre de leur comportement.

Mais souvent, ce qu’elles activent chez nous est un révélateur :

  • Ai-je besoin que tout soit direct, immédiat, explicite ?
  • Est-ce que je tolère mal l’ambivalence, le doute, la lenteur ?
  • Suis-je à l’aise avec les conflits, ou est-ce aussi difficile pour moi ?

Leur présence peut être une opportunité de réflexion, sur notre manière d’entrer en lien, de poser un cadre ou d’écouter sans vouloir “réparer”.

5Elles peuvent évoluer… si on leur en donne la possibilité

La passivité-agressivité n’est pas une fatalité.

C’est souvent une solution relationnelle apprise, dans des contextes où la parole libre n’était pas encouragée.

En séance, ce travail se fait pas à pas, sans jugement.

Et chaque petit mouvement vers plus de clarté devient une victoire partagée.

J’accompagne des personnes et des équipes confrontées à ce type de dynamique, avec les outils de l’Analyse Transactionnelle.

Ce n’est pas une question de personnalité, mais de relation, de cadre, et de sécurité intérieure.

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